Le neurodesign s’intéresse à une question simple : comment un espace influence-t-il notre façon de nous sentir, de réfléchir et de travailler ?
La lumière, le bruit, la température, les couleurs, les formes et la façon dont les espaces sont organisés ont tous un effet sur nous. Un environnement peut nous aider à rester concentrés, à nous sentir en sécurité et à être plus à l’aise. À l’inverse, un espace trop bruyant, trop stimulant ou mal organisé peut nous fatiguer sans même que nous nous en rendions compte.
Le neurodesign consiste donc à faire des choix d’aménagement en tenant compte de la façon dont notre cerveau et notre corps réagissent à leur environnement.
Pour une entreprise, cela signifie qu’un bureau ne sert pas seulement à accueillir des employés. Il peut aussi contribuer à leur concentration, à leur confort et à leur capacité de bien travailler.
Un espace qui aide plutôt qu’un espace qui distrait
Notre cerveau doit constamment filtrer ce qui se passe autour de nous. Imaginez essayer de lire un document important pendant que plusieurs personnes parlent à côté de vous. Même si vous faites de votre mieux pour vous concentrer, une partie de votre attention est utilisée pour filtrer les conversations.
C’est ce qui peut arriver dans un environnement de travail mal adapté.
Des recherches menées en milieu de travail montrent notamment que le bruit et les distractions peuvent nuire à la performance dans les tâches qui demandent de la concentration. Dans une étude comparant différents environnements de travail, les employés travaillant dans des espaces ouverts et non cloisonnés ont obtenu une performance cognitive inférieure de 14 % à celle des employés dans des espaces plus contrôlés.
Le problème n’est donc pas simplement le confort sonore. Chaque distraction demande un petit effort supplémentaire à notre cerveau.
C’est pourquoi un bon aménagement peut prévoir différentes façons de travailler : des espaces ouverts pour les échanges, mais aussi des zones calmes, des bureaux fermés ou des espaces où l’on peut s’isoler lorsque la concentration est nécessaire.

La lumière : voir clair sans se fatiguer
La lumière influence directement notre confort et notre capacité à travailler.
Un espace de travail bien éclairé ne signifie pas simplement « beaucoup de lumière ». Il faut aussi penser à la façon dont elle est répartie, à son intensité et à son interaction avec les écrans.
Pour le travail de bureau, les recommandations courantes se situent généralement autour de 300 à 500 lux. La lumière naturelle est également importante, particulièrement lorsqu’elle peut entrer dans l’espace sans créer d’éblouissement.
L’objectif est simple : permettre aux yeux de faire leur travail sans leur en demander plus que nécessaire.
Le soir ou dans certaines zones, un éclairage plus doux peut aussi contribuer au confort. Des commandes individuelles permettent par ailleurs à chacun d’adapter l’éclairage à ses besoins plutôt que d’imposer exactement la même lumière à tout le monde.
Se sentir bien dans son espace
Nous sommes sensibles à ce qui nous entoure, même lorsque nous n’y pensons pas consciemment.
Par exemple, une personne peut être plus à l’aise lorsqu’elle peut voir ce qui se passe autour d’elle tout en ayant un mur ou un élément protecteur derrière elle. À l’inverse, travailler avec des gens qui passent constamment derrière soi peut créer une forme de vigilance et rendre la concentration plus difficile.
La circulation dans un espace joue aussi un rôle important. Lorsque les déplacements sont évidents et que l’on comprend rapidement où aller, l’environnement demande moins d’effort.
Un espace intuitif est un espace dans lequel on n’a pas besoin de réfléchir à chaque geste.
Les zones de travail, les salles de réunion, les espaces de pause et les services doivent donc être faciles à repérer et à utiliser.
Donner plus de contrôle à l’utilisateur
Un même espace ne convient pas nécessairement à tout le monde, ni à toutes les activités.
Une personne peut avoir besoin de plus de lumière, tandis qu’une autre préférera travailler dans une ambiance plus douce. Certains sont à l’aise dans un espace animé, alors que d’autres ont besoin de calme pour se concentrer.
C’est pourquoi le contrôle individuel est un élément important du neurodesign.
Lorsque c’est possible, on peut permettre aux utilisateurs d’ajuster certains éléments de leur environnement :
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- l’intensité de l’éclairage grâce à un gradateur;
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- la température ou le confort thermique;
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- leur position de travail;
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- leur niveau d’exposition au bruit;
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- leur accès à un espace calme;
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- leur posture grâce à du mobilier ajustable;
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- certains éléments de leur environnement immédiat.
L’idée n’est pas de créer un espace différent pour chaque personne. C’est de donner suffisamment de choix pour que chacun puisse trouver les conditions qui lui permettent de bien travailler.
Penser à différentes façons de fonctionner
Les personnes ne réagissent pas toutes de la même façon à leur environnement.
Certaines sont particulièrement sensibles au bruit, à la lumière ou aux mouvements autour d’elles. D’autres ont besoin de bouger régulièrement ou de changer de position pour rester concentrées.
Cela concerne notamment certaines personnes neurodivergentes, mais pas uniquement elles. Nous avons tous des besoins différents selon notre personnalité, notre travail, notre niveau de fatigue ou même notre journée.
Un espace plus flexible peut donc prévoir :
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- des zones calmes pour les tâches qui demandent de la concentration;
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- des espaces plus ouverts pour les échanges et la collaboration;
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- différentes options d’éclairage;
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- du mobilier ajustable;
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- des espaces de pause moins stimulants;
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- des endroits où l’on peut s’isoler au besoin;
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- la possibilité de personnaliser certains éléments de son poste de travail.
Ces choix ne profitent pas seulement aux personnes ayant des besoins particuliers. Un endroit calme peut être utile à quelqu’un qui doit se concentrer, mais aussi à une personne qui vient de terminer une longue réunion ou qui a simplement besoin de souffler quelques minutes.
Concevoir pour les personnes, pas seulement pour les mètres carrés
Le neurodesign ne consiste pas à ajouter des éléments à la mode ou à suivre une recette unique.
Il consiste à mieux comprendre les personnes qui utiliseront un espace et à réfléchir à ce dont elles ont besoin pour travailler, collaborer, se concentrer et récupérer.
Un espace bien pensé peut réduire les distractions, faciliter les déplacements, améliorer le confort et donner davantage de contrôle aux utilisateurs.
Parce qu’un espace de travail ne devrait pas seulement être beau. Il devrait aussi contribuer à la façon dont les gens s’y sentent et y travaillent.
Sources
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- Jahncke, H. et Hallman, D. M., « Objective measures of cognitive performance in activity based workplaces and traditional office types », Journal of Environmental Psychology, 2020.
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- Mayiwar, L. et Hærem, T., « Open-office noise and information processing », Journal of Managerial Psychology, 2023.
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- Assem, H. M., Khodeir, L. M. et Fathy, F., « Designing for human wellbeing: The integration of neuroarchitecture in design: A systematic review », Ain Shams Engineering Journal, 2023.
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- Aslanoğlu, R., Kazak, J. K. et van Hoof, J., « Mindful design for well-being: Exploring neuroarchitecture in the built environment », Indoor and Built Environment, 2025.


